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6

Novembre

2019

Développement industriel : Val-d'Or voit loin



Au parc industriel de Val-d’Or, le développement se fait à pas de géant. En à peine deux ans, elle a vendu quarante terrains industriels prêts à bâtir sur une nouvelle rue toute équipée, incluant l’accès au gaz naturel. Et ce n’est que la première de trois phases d’expansion.

Sous sa surface fraîchement goudronnée, la rue Georges-Dumont cache un trésor de planification et de collaboration. Outre l’aqueduc, l’électricité et les télécommunications, on y trouve une extension du réseau de gaz naturel et une série de conduites déjà positionnées pour acheminer les services aux futurs occupants sans nécessiter d’excavation. Le tout est isolé du gel et revêtu d’une mousse de bitume qui minime les mouvements de chaussée au fil des saisons.

Les entreprises qui ont déjà acheté 95 % des nouveaux terrains, œuvrant pour la plupart dans le commercial lourd ou l’industriel léger, n’auront plus qu’à creuser la première pelletée de terre cet été. Tout a été préparé pour elles sans nécessiter de négociations individuelles avec chaque fournisseur de services.

« L’avantage, c’est qu’ils peuvent planifier leur construction en sachant que tous les services sont déjà devant leur porte. Dans un autre contexte ils pourraient seulement croiser les doigts, en espérant que leur voisinage forme une masse critique suffisante pour faire venir Énergir. Nous éliminons ce doute grâce à notre planification à haut niveau », dit Jean-Yves Poitras, commissaire industriel à la Corporation de développement industriel de Val-d’Or (CDIVD).

 

Partager les défis

Cette approche a permis au parc industriel de Val-d’Or, qui abrite plus de 175 entreprises et 4 000 travailleurs sur 10 km2, de s’imposer comme modèle québécois de développement économique. Elle est rendue possible par une vision stratégique à long terme, un solide capital d’investissement, et surtout un haut niveau de confiance avec des partenaires prêts à prendre part à de tels défis.

« Avant d’étendre le réseau de gaz naturel, nous devons être certains d’avoir assez de nouveaux clients pour que ce soit rentable. Nous n’aurions pas pu desservir la rue Georges-Dumont s’il avait fallu traiter une par une les demandes de chaque occupant, sans savoir qui a besoin de quelle consommation. Mais la vision et l’engagement du CDIVD nous ont convaincus », dit Bruno Gauthier, représentant d’Énergir pour les comptes majeurs en Abitibi-Témiscamingue.

Énergir a investi pour l’ensemble du projet de développement. Cela fait d’elle un partenaire stratégique de la CDIVD, qui pour sa part investit 2 à 4 millions $ dans chaque nouvelle rue, majoritairement à partir de ses propres fonds (la Ville contribue également). Les entreprises qui dépendent du gaz naturel pour leur rentabilité et leur performance auront ainsi la certitude d’en profiter – un argument de poids en faveur du parc industriel de Val-d’Or.

 

Le moteur d’une région

« Avec les années, nous avons décidé de prendre en main notre destinée en agissant à titre de promoteurs », dit Jean-Yves Poitras, en poste depuis 17 ans à l’organisme fondé en 1967 par la communauté d’affaires locale.

« Nous planifions et créons toute l’infrastructure urbaine du parc, des plans de drainage aux tracés des rues en passant par les services d’utilité publique. Pour chaque projet, nous prévenons à l’avance nos partenaires, incluant les firmes d’ingénieurs mais aussi Hydro-Québec, Télébec et maintenant Énergir. Toutes les questions de cadastre et de servitude sont réglées dès le départ, afin d’avoir un projet clair où chacun connait sa place et participe de façon collaborative. C’est ainsi que nous livrons des terrains clé-en-main à la Ville et à nos clients. »

L’approche permet aussi d’attirer des entreprises de qualité, aux reins solides. Au travers des cycles économiques, le parc industriel de Val-d’Or n’a jamais subi d’exode marqué. Bon an mal an, il poursuit sa contribution à l’essor de l’Abitibi-Témiscamingue, se félicite Jean-Yves Poitras.

« Nous, en région, la seule façon possible de nous développer est d’initier les initiatives par nous-mêmes, de façon bien planifiée et compétente. Si on attend le Messie à Val-d’Or, on n’est pas prêt de réussir ! »